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Que cette nuit est belle, inutilement belle ! Les noirs filets de Dieu, tout ruisselants d'étoiles, Glissent lentement d'ouest en est, En cadence pareille aux murmures de la mer, Éther de ma pensée. Que cette nuit est belle, inutilement belle! Dans le calme du temple, la souffrance jaillit, Et soudaine les appâts se parent d'illusions, Pour te chanter encore l'appel du désespoir. Que cette nuit est belle, admirablement belle! Soudain le voile obscur, qui te cache la vie, Égrène sa colère et lance dans la nuit, Le mirage de ses apparences. Que cette nuit est belle, admirablement belle! Car, dans sa plénitude, l'essence la remplit, Et jouant dans la nuit, les orgues du cosmos, Crient leur joie infinie de savoir que tu vois. © René-Yves Hervé
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Le jour se lève à peine, un soleil orangé Rayonnant de clarté, de chaleur, de beauté, S'infiltre lentement à travers un soleil pâle, Rehaussé d'indigo, de rose velouté. C'est une féerie, transparence d'opale, Un univers de rêve, digne d'une vestale. Les collines au loin, s'élèvent doucement Auréolées d'azur dans le matin naissant. C'est un enchantement, pour l'œil émerveillé De sa nuit embrumée, à grand-peine émergeant, L'air est doux, parfumé, et dans cette clarté Émanant de Phœbus, aux reflets orangés, Le Créateur te tend une main paternelle Et guide ton chemin vers la vie éternelle. Toi, qui vis cet instant, qui perçois la beauté D'un lever de soleil dans un matin d'été, C'est un hymne d'amour qui va illuminer Les minutes, les heures de toute ta journée. Mais, qui, chaque matin, allume ce soleil ? Répandant ses rayons à travers l'univers ? Qui fait germer dans l'ombre, le grain de sénevé ? Qui fait voler l'oiseau et bondir la gazelle ? Qui fait perler dans l'air la goutte de rosée ? Qui change la palette de l'Infini du ciel ? Qui harmonise sans fin, les tons de l'arc-en-ciel ? As-tu au fond de toi étudié ce problème ? As-tu cherché l'auteur de toutes ces merveilles ? Ô toi, qui, chaque jour, peux poser ton regard Sur les pentes, les cimes de la chaîne des Alpes, Écoute le message émanant de l'alpage, Admire le roc abrupt, le névé, le sérac, Des sommets plus lointains, des Jorasses, des Drus, Du massif du Mont-Blanc, du massif de l'Étale, Porte des Aravis, Aiguille du Midi, Ce n'est qu'une envolée d'accords, et d'harmonie Répétant en écho, de vallée en vallée La grandeur, la bonté du Maître des saisons Qui, sans cesse, pour nous, fait vibrer la nature, La beauté ineffable, appel de l'Infini. © Jeanne-Marie Cayron
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