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ACCUEIL SPIRITUALITÉ POÈMES Il est et Invocation
Bernard de Clairvaux

BernardClairvaux

Son père était Chevalier du Duc de Bourgogne , du nom de Tescelin, vassal des seigneurs de Châtillon; sa mère, fille du comte Bernard de Montbard, s'appelait Aleth. Ils eurent sept enfants, dont Bernard fut le troisième. Aleth éleva son fils sous les inspirations d'une piété dont l'idéal était l'amour de l'Église et de la vie monastique.

Après ses études à Chatillon-sur-Seine, il choisit en 1112 d'entrer à Cîteaux dans l'ordre cistercien avec 30 de ses parents et amis qu'il a convertis à son idéal. L'abbaye de Cîteaux avait été fondée quinze ans auparavant, en réaction au relâchement des maisons de la congrégation de Cluny. En 1109, lorsque Étienne Harding en reçut la direction, elle n'avait pas encore de novices; Harding comprit que la principale condition du succès pour une entreprise réformatrice, était de poursuivre la réforme à outrance: il la poussa jusqu'à la rigueur ascétique. Cette austérité valut à Cîteaux une réputation qui attira Bernard et ses compagnons. Harding trouva en eux les hommes qu'il lui fallait. Dans les deux années qui suivirent leur arrivée (1113-1115), Cîteaux put établir quatre colonies ou maisons-filles, dont l'une était celle de Clairvaux. Bernard en fut le fondateur et le premier abbé. En 1151, deux ans avant sa mort, il y avait 500 abbayes cisterciennes; l'abbaye de Clairvaux contenait 700 religieux; 72 couvents s'étaient constitués dans les divers pays de l'Europe, adoptant les observances de Clairvaux, plus sévères encore que celles de Cîteaux : 35 en France, 14 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre, 4 en Italie, 2 en Allemagne, 2 en Suède, 4 au Danemark, 1 en Hongrie.

Pour Bernard, toute heure donnée au repos lui semblait dérobée au service de Dieu; aussi, il sut, malgré les observances quotidiennes, malgré ses devoirs de supérieur d'abbaye et ses activités de réformateur et d'organisateur du monachisme, trouver le temps de poursuivre ses études sur l'Écriture Sainteet sur les Pères de l'Église; il les reprit avec une prédilection presque exclusive pour le Cantique de Salomon et pour saint Augustin. Le succès qu'il obtint lui valut, d'une part, l'immense clientèle des couvents, qui le reconnaissaient, les uns comme leur chef spirituel, les autres comme le modèle de tous les religieux, tous comme la lumière et la gloire du monachisme; d'autre part, l'adhésion de tous les théologiens et de tous les clercs enclins à la dévotion imaginative et à la science mysticisée : milices omnipotentes alors et qui se vouèrent à l'admiration de celui qu'on appelait déjà Bernard le Saint, et à la réalisation de ses desseins.

En 1128 au Concile de Troyes, Bernard de Clairvaux reconnaît l'ordre des Templiers, moines-chevaliers au service des pèlerins vers Jérusalem.  A partir de 1130 alors que deux papes revendiquent le siège pontifical, on lui demande d'intervenir. Il se prononce en faveur d'Innocent II contre Anaclet. Il rallie le Roi de France et l'Empereur d'Allemagne à la cause de l'unité de l'Eglise. Il visite les villes d'Italie pour les rallier aussi à cette unité.

En 1145, Bernard Paganelli, moine de Clairvaux, devient Pape sous le nom d'Eugène III. L'abbé de Clairvaux lui dédie son livre: «De la Considération». En 1146, à Pâques, Bernard prêche la seconde croisade au Vézelay. Il intervient à Mayence pour empêcher les massacres de juifs par les fanatiques. Mais la seconde croisade sera un échec militaire. En 1153 : Bernard meurt en laissant derrière lui une filiation de 68 abbayes qui créèrent elles-même plus de 350 monastères. Les écrits de grande valeur de l'abbé de Clairvaux le placent parmi les grands auteurs du XIIème siècle.